Michael Cohen ou quand le «pitbull» se retourne contre son maître

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Michael Cohen, qui a été l’avocat personnel de Donald Trump pendant des années et également de ses nombreuses entreprises, a plaidé coupable ce mardi 21 août devant un juge fédéral de Manhattan. Cela pour des infractions fiscales, des fraudes bancaires et pour avoir enfreint les règles de financement électoral. Il a également reconnu avoir acheté le silence de deux anciennes maîtresses de Donald Trump, afin de lui éviter des problèmes pendant la campagne électorale de la présidentielle de 2016. Ce qui pourrait avoir de conséquences judiciaires pour le président américain.

 

Michael Cohen a commencé sa carrière d’avocat sur les chapeaux de roues. Né à Long Island (New York) le 25 août 1966, il fêtera ses 52 ans ce vendredi et fait partie de ces avocats surnommés les « chasseurs d’ambulance ». Un titre qui n’a rien de glorieux car ils n’hésitent pas à offrir leurs services aux victimes, quel que soit leur profil. Il n’a par exemple pas hésité à défendre une femme qui tentait d’arnaquer une assurance suite à un accident factice. Un avocat digne des pires scénarios, comme aime le répéter la presse américaine.

Sautant sur toutes les opportunités qui s’offraient à lui, Michael Cohen a par exemple misé sur les licences de taxi new-yorkais, à une époque où elles se vendaient à prix d’or. En 2003, alors qu’il se présente pour un poste au conseil municipal de la ville de New York, il précise dans sa biographie être le propriétaire d’une flotte de plus de 200 taxis.

L’appât du gain comme leitmotiv

Attiré par le luxe, il a rejoint Donald Trump en 2006 et mise sur la « Trump organisation » – incitant également sa famille à y investir. Pour l’avocat, l’actuel locataire de la Maison Blanche représente en quelque sorte l’exemple à suivre. Il y a quelques mois encore, il n’hésitait pas à dire qu’il serait prêt « à prendre une balle » pour le protéger. Il était d’ailleurs parfois surnommé le « pitbull » du président américain.

L’avocat à la réputation sulfureuse était jusqu’à peu le dernier rempart de Donald Trump. En 2015, avant le début de la campagne officielle pour la présidentielle américaine, l’avocat n’avait pas hésité à menacer un journaliste du Daily Beast qui souhaitait l’interviewer à propos d’accusations formulées par Ivana Trump, la première femme du président. Mais celui que beaucoup considéraient comme le sixième enfant du président américain a finalement retourné sa veste.

Un dernier rempart qui s’effondre

Trop de pression, trop de preuves à son encontre, Michael Cohen a finalement reconnu ce lundi 20 août ses erreurs devant un juge fédéral de Manhattan. Des aveux qui pourraient à terme entraîner des poursuites contre celui qu’il idolâtrait. Désormais, il attend d’être convoqué par Robert Mueller, le procureur spécial chargé de superviser l’enquête sur les possibles liens entre le gouvernement de la Russie et des individus liés à la campagne présidentielle de Donald Trump. Selon l’avocat de Michael Cohen, cité dans la presse américaine, il aurait encore quelques révélations à faire. Des déclarations qui pourraient, comme certains l’espèrent, marquer le début de la fin du mandat du 45e président des États-Unis.

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