PROCES DU PUTSCH MANQUE : « Si le fait d‘avoir exécuté un ordre militaire provenant d’un chef militaire me conduit à la barre, je demande pardon », le lieutenant Seibou Traoré

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« Le souffle de vie est sacré, la vie de l’homme est précieuse », c’est en ces termes que l’adjudant-chef major Koumbia a quitté la barre ce lundi 3 septembre avec pour objectif de demander pardon à la population tout entière ainsi que de présenter ses condoléances aux familles endeuillées et prompt rétablissement aux blessés.
Ce dernier a été relayé par l’un de ses confrères d’arme, le lieutenant Seibou Traoré, néophyte car il vient juste de sortir de l’académie militaire Georges Namoano. À entendre ce dernier, il a rejoint le Régiment de Sécurité Présidentiel (RSP) le 14 septembre 2015 deux jours avant la survenance des évènements dudit mois. Celui-ci est reproché pour trois chefs d’accusation à savoir d’attentat à la sureté de l’Etat, responsable de la mort de 13 personnes et des coups et blessures sur environ 42 personnes. Mais ce dernier, comme d’ailleurs les autres accusés déjà passés à la barre a nié en bloc tous ces faits qui lui sont reprochés. Selon le lieutenant Seibou Traoré, il n’a fait qu’exécuter des ordres venant de ses supérieurs hiérarchiques militaires. À l’entendre, le 16 septembre 2015, il est arrivé au camp Naaba Koom en compagnie de deux autres confrères d’arme pour une séance de sport. C’est à ce moment qu’il a été instruit par le lieutenant Gorgho de se rendre au conseil de l’entente. Aussi, il a reçu également des instructions du colonel Ouattara de se rendre au lendemain à la place de la nation pour disperser tout rassemblement des manifestants et assurer le maintien de l’ordre. Pour sa part, il y aurait une quelconque confrontation qui se préparait entre les pro-putschistes et les anti-putschistes. La mission à la place de la nation n’était pas statique. Seibou Traoré a fait des patrouilles mais celles de reconnaissance, a-t-il précisé. Car, pour lui, la patrouille n’est pas synonyme de frapper, de taper ou bastonner quelqu’un. Selon le procureur militaire, la déposition du lieutenant se rapproche de ce qu’il a eu à dire devant le juge d’instruction au fond.
Le conseil de l’accusé, maitre Mamadou Sombié, se dit être satisfait des réponses de son client par rapport à certaines questions du parquet. Quant aux autres questions, sa défense estime que le parquet cherche des poux sur une tête rasée. Selon maitre Sombié, les avocats de la partie civile ignorent l’état psychologique, moral et intentionnel de son client à adhérer cette infraction. À l’entame de l’audience, son client ne devrait pas répondre aux questions de la partie civile, il devrait se contenter seulement de celles du parquet et du tribunal, a-t-il déclaré. Pour lui, la partie civile s’arroge d’un rôle qui n’est pas le sien. Mais elle doit reconnaitre sa place, elle plaide pour une cause que nous connaissons tous. À l’issue de ce procès, il y aura deux listes, la liste des condamnés et celle des acquittés. Mais mon client sera parmi les acquittés, a-t-il souligné.
Après quelques heures passées à la barre, l’élève officier, sans grade au moment des faits a cédé la place au soldat de deuxième classe Adama Kaboré. Celui-ci est reproché d’être responsable de cinq (05) chefs d’accusation. Il s’agit de la complicité à la sureté de l’Etat, du meurtre, des coups et blessures volontaires, de complicité de dégradation volontaire aggravée des biens, d’aider et d’assister les auteurs à commettre le coup d’Etat. Il a fallu que le tribunal fait appel à un interprète pour Adama Kaboré qui a des difficultés à parler le français afin qu’il puisse se faire comprendre. Mais toute chose qui n’a empêché ce dernier comme d’ailleurs tous les autres accusés déjà passé à la barre de nier en bloc tous ces faits qui lui sont reprochés. Et ce dernier de s’expliquer qu’il n’a jamais vu même un explosif. Pour lui, il n’a jamais assisté à une quelconque rencontre, il n’a jamais fait de patrouilles ni d’effectuer des tirs. Il a été puni de monter à la garde durant une semaine mais il n’a fait que quatre jours du 14 au 18 septembre. Ce n’est que le 17 septembre qu’il est sorti avec un de ses supérieurs d’arme et un de ses collègues de grade pour aller chercher des vivres. Un mot, selon lui, qu’il ignore son sens. Ce qui a semé la confusion en lui entre patrouille et vivre. C’est devant le juge d’instruction et à la gendarmerie qu’il a compris les évènements qui se sont déroulés pendant ce mois de septembre. Selon son conseil, maitre Silvère Kiemtareboumbou cette audience devrait être annulée. « Les principes directeurs d’une justice équitable dans un procès pénal ne sont pas réunis notamment la langue parlée. », a-t-il expliqué. 

Saaniayouor Levis KPODA (Stagiaire)

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